

La foule des fidèles lors de la Liturgie
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du site officiel de l'Archevêché Orthodoxe de Belgique
sous la juridiction du Patriarcat Oecuménique de Constantinople
XIIIe CONGRES DE L'EGLISE ORTHODOXE EN EUROPE OCCIDENTALE
30 avril - 3 mai 2009
Amiens – Le XIIIe Congrès de l’Eglise Orthodoxe en Europe Occidentale s'est tenu du 30 avril au 3 mai 2009, à Amiens (France), sur le thème "La Création remise entre nos mains". Plus de 700 participants, dont de nombreux jeunes et près de cinquante enfants, venus de différents pays d'Europe, tant de l'Ouest (Belgique, France, Grande-Bretagne, Grèce, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne) que de l'Est (Russie, Ukraine, Roumanie, Bulgarie, Géorgie), se sont retrouvés, dans une ambiance conviviale et joyeuse, pour réaffirmer l'enracinement des orthodoxes ici et maintenant, appelés à vivre la foi apostolique au sein de la société occidentale. Quatre conférences plénières, trois tables rondes et une vingtaine d'ateliers ont permis aux participants de réfléchir sur l'être même de l'Église et les défis auxquels elle est appelée à répondre "pour la vie du monde", comme le dit la Liturgie. Toutes les juridictions en Europe occidentale étaient représentés. Les participants se sont félicités de la qualité des travaux, du sérieux et de la sérénité des débats, mais aussi du renouvellement des générations et des thèmes traités. Le congrès s'est articulé autour de quatre conférences plénières (avec traduction simultanée en français, anglais, allemand et néerlandais).

La conférence de Michel Stavrou
Présentée par Michel Stavrou, professeur de théologie dogmatique à l'Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge), la première communication intitulée "Le mystère de la Création" a permis de développer le thème général du congrès. Dans un exposé très dense, il a tout d'abord donné, à partir d'une approche biblique et patristique, une lecture de "la vocation de l'homme" au sein de la Création, une vocation dont l'accomplissement se réalise en Christ par l'Incarnation et la Résurrection, soulignant ensuite combien aujourd'hui "la crise écologique semble résulter de deux facteurs théologiques concourants : l'expulsion de Dieu, et l'éloignement de l'homme hors du monde". "A la lumière de notre foi dans le Christ ressuscité, [nous sommes] non seulement interpellés sur notre manière de vivre dans le monde – en réalisant nos déficiences collectives et personnelles –, mais aussi amenés à adopter une démarche plus eucharistique face aux hommes et au monde", devait-il encore affirmer, avant de proposer "la voie philocalique comme chemin spirituel" pour restaurer l'image déchue de l'homme et sanctifier l'ensemble de la création. Peter Bouteneff, professeur à l'Institut Saint-Vladimir à New York, a centré sa réflexion sur la condition de l'homme marquée par la chute originelle mais créée à l'image de Dieu. Dans la troisième conférence, Elisabeth Theokritoff, enseignante à l'Institut d'études orthodoxes de Cambridge (Grande-Bretagne), a montré comment l'Eglise peut participer à la prise de conscience écologique actuelle. Enfin, la dernière conférence, prononcée par Bertrand Vergely, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'Institut Saint-Serge, a prononcé une conférence sur le thème "Vers la transfiguration du quotidien".
Une soirée de témoignages a également été consacrée, le vendredi 1er mai, à la mémoire d’Olivier Clément, le grand théologien orthodoxe professeur émérite à l’Institut Saint-Serge, endormi dans le Christ le 15 janvier 2009.
Ce XIIIe congrès a été mis sur pied à l'iniative de la Fraternité Orthodoxe en Europe Occidentale sous la présidence de Son Éminence le Métropolite Emmanuel de France, Exarque du Patriarcat Oecuménique et président de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes en France. Lors de la séance de clôture il a fait lecture d’un message de Sa Toute-Sainteté le Patriarche Oecuménique Bartholomée (voir annexe).
La Fraternité Orthodoxe déploit ses efforts afin de faire se rencontrer les orthodoxes disséminés en Europe occidentale et veille à ce qu'ils puissent de temps à autre se ressourcer et prier ensemble afin de pouvoir mieux témoigner au sein d'un monde qui trop souvent n'est plus conscient de la présence de Dieu ou qui résiste à sa Grâce.
Ce sentiment d'unité et d'universalité, les participants à ce XIIIe Congrès Orthodoxe en Europe Occidentale l'ont vécu avec une intensité particulière lors de la Divine Liturgie du dimanche, fête de l'unité et de l'union, présidée par le Métropolite Emmanuel de France, entouré de l’Archevêque Gabriel de Comane (Patriarcat Œcuménique - Paris), du Métropolite Séraphim (hiérarque du Patriarcat de Roumanie en Allemagne), et des Evêques Basile d’Amphipolis (Patriarcat Œcuménique - Oxford) et Athénagoras de Sinope (Patriarcat Oecuménique - Belgique), de 6 prêtres et 4 diacres, tous concélébrant en de multiples langues.

Lors de la Liturgie dominicale

Lors de la Liturgie dominicale: l'Evêque Athénagoras et les Métropolites Séraphim et Emmanuel
La Liturgie du premier mai y fut présidée par le Métropolite Joseph, hiérarque du Patriarcat de Roumanie en France.
Plusieurs stands mettant à disposition différentes informations relatives à l'Orthodoxie au sein de l'Europe ainsi qu'une librairie, bien achalandée, complètaient le tableau. La cafétéria formait le point de rencontre informel où chacun se retrouvait de façon plus décontractée. Un tel congrès est aussi l'endroit où se nouent des relations amicales à travers toute l'Europe: un richesse incomparable.
La présence catholique romaine a été soulignée en la personne de l’Evêque d’Amiens, Mgr Jean-Luc, et plusieurs clercs et laïcs.
A l'issue de ce congrès, les participants ont adressé un message à Sa Toute-Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée Ier : "Nous nous sommes réunis autour de nos évêques dans la joie de la Résurrection pour prier ensemble et réfléchir sur un thème d'une brûlante actualité : "La Création remise entre nos mains" ". "Ensemble, nous avons vécu l'unité ecclésiale […]. Cependant, revenant demain dans nos paroisses marquées par les fragmentations juridictionnelles, l'ignorance mutuelle, nous souffrirons d'autant plus du décalage entre cette unité catholique que nous avons vécue, et l'état de désorganisation et de passivité de nos réalités ecclésiales, que nous dénonçons et dont nous souffrons depuis le premier congrès à Annecy en 1971", déclarent-ils. "Nous avons été informés que, dans quelques semaines, se tiendra à Genève une réunion préparatoire préconciliaire qui abordera la difficile question de l'organisation de la présence orthodoxe en Occident. Nous plaçons notre espoir dans nos évêques pour la mise en conformité de cette organisation avec l'ecclésiologie de communion que nous confessons et que nous venons de vivre durant ces trois jours", poursuivent-ils, avant d'ajouter : "Nous [vous] prions d'entendre l'urgence de ce message et la détresse qui s'y exprime, et vous supplions pour que nos attentes soient prises directement en considération".
Un pèlerinage à la cathédrale d’Amiens, qui abrite la relique du chef de saint Jean-Baptiste, prise par les Latins à Constantinople lors de la 4e Croisade (1204) et mise à la disposition des congressistes par la paroisse catholique de la cathédrale pour un office de vénération, devait clôturer le congrès l’après-midi du 3 mai.

L'Archevêque Gabriel de Comane et l'Archirprêtre Ignace Peckstadt lors de la Liturgie
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