Bruxelles - Quelque 40.000 jeunes venus de toute l'Europe se trouvent à Bruxelles pour participer aux 31e Rencontre Européenne de Taizé qui se déroulent dans la capitale (29 décembre 2008 - 2 janvier 2009).
Les Frères de Taizé (communauté oecuménique située en Bourgogne) accueillent chaque année plusieurs milliers de pélerins de tous les courants du christianisme: catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans. Depuis 1978, autour de la Nouvelle Année, les Frères de Taizé organisent dans une grande ville d'Europe une importante rencontre européenne pour les jeunes. "Il s'agit d'un pélerinage de confiance", explique Frère Emile, de la communauté de Taizé. "Frère Roger, le fondateur de la communauté, était très préoccupé par le découragement qui pouvait rapidement gagner les jeunes lorsqu'ils revenaient de pélerinage vers leur pays. Ici, les jeunes sont encouragés à vivre une expérience et des rencontres plutôt que d'écouter des discours".
Des responsables d'Eglise ainsi que des personnalités politiques et de la société civile ont participé à la prière de mardi 30 décembre 2008.
La famille royale représentée par la Reine Fabiola, assistait à la prière de 19h qui clôturait cette deuxième journée de la rencontre européenne de Taizé. L'Eglise catholique y participait pour une très large part avec la présence du Cardinal Danneels, accompagné de tous les évêques de Belgique, des évêques venus de France (Mgr Daucourt), des Pays-Bas (Mgr Van Luyn), de Pologne (Mgr Gadecki). Côté orthodoxe, le Patriarcats Oecuménique de Constantinople était représenté par l'Evêque Athénagoras de Sinope, auxiliaire du Métropolite Panteleimon de Belgique, accompagné de l'Archiprêtre Aureli Popescu et des Diacres Emilianos Bogiannou et Ciprian Popescu. Les chrétiens syriaques étaient représentés par l'Evêque Severios Haza'el Soumi. Des pasteurs de Bruxelles, de Lausanne, des Pays-Bas représentaient l'Eglise protestante. L'Eglise anglicane était visible également avec la participation du Rev. James Meredith Day.
Comme on l'aura remarqué dans les carrefours de l'après-midi, l'Europe était fortement inscrite dans la thématique proposée aux jeunes. La communauté de Taizé veut en effet remettre au coeur des préoccupations des jeunes l'enthousiasme de s'engager dans le projet européen. Il n'était donc pas étonnant que les animateurs de carrefours comme Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne, Jean Figel, commissaire européen chargé de l'Education, la formation et la culture ou le conseiller de José-Manuel Barroso faisaient partie de l'assemblée à la prière. Les ministres qui avaient annoncé leur présence ont dû l'annuler en raison de la récente conjoncture politique qui les appelait à d'autres devoirs.
La diversité des personnalités présentes à la veillée étaient en harmonie avec la dimension multiculturelle et multilinguistique de la rencontre de Taizé. Nos deux communautés linguistiques, solidaires, s'étaient donné rendez-vous à la prière elles aussi. La présence de M. Pal Solt, président de la Cour suprême de Hongrie à Budapest, ou M. Luka Jahier et sa famille, ont pu achever de convaincre de l'attachant mélange des peuples.
Pour la communauté de Taizé, l'ouverture au monde politique, à la société civile est une dimension particulièrement importante. Ce n'était donc pas tout à fait un hasard si tant de personnalités, responsables d'Eglises et d'Institutions ont tenu à assister à la prière de ce mardi soir.
Parmi les 40.000 jeunes européens participants, on compte 10.000 Belges, 9.200 Polonais, 1.100 Serbes, 1.500 Ukrainiens, 2.000 Roumains, 2.000 Français, 2.000 Allemands, 2.000 Italiens, 2.000 Croates, 500 Portuguais et 600 Espagnols. Quelques centaines de participants proviennent également de Suède, du Royaume-Uni et des pays baltes.
Arrivés lundi matin, les jeunes sont accueillis par nationalité dans différents établissements scolaires de la capitale avant d'être dispersés par petits groupes vers plus de 180 paroisses de Bruxelles, de Flandre et de Wallonie, où viendront les chercher les familles d'accueil qui les hébergeront jusqu'à vendredi. Les 180 paroisses sont aussi bien catholiques, que protestantes ou orthodoxes. "Nous avons pu trouver des places en famille d'accueil pour 98 pc d'entre-eux" explique Marie Sépulchre, bénévole dans l'équipe d'organisation des journées européennes de Taizé. Les autres seront logés dans des centres d'accueil, ou des halls de sport. "Ce qui est fantastique, c'est qu'il manquait encore 20.000 places il y a deux semaines et que nous avons pu les trouver si vite", poursuit-elle.
Mardi, mercredi et jeudi, des prières collectives auront lieu également à midi et le soir au Heysel. Le reste de la journée, des dizaines de rencontres, groupes de réflexion ou conférences baptisés "carrefour" auront lieu, à chaque fois traduits dans plusieurs langues pour permettre aux jeunes de différents pays d'échanger leurs réflexions.
Une grande prière pour la paix aura également lieu dans toutes les paroisses la nuit du Nouvel an.