
L'Archimandrite Grégoire Papathomas
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LA 40ème ASSEMBLEE GENERALE DE LA COMMISSION NATIONALE POUR L'OECUMENISME
- une contribution orthodoxe remarquable
Gand - La quarantième Assemblée Générale de la Commission Nationale Catholique pour l’Oecuménisme de cette année était: ‘La présence des Eglises dans l’espace public’. Cette réunion en présence des responsables des Eglises chrétiennes en Belgique a eu comme conclusion : face à une société de plus en plus acculée aux limites de sa modernité, un défi majeur s’offre aux Eglises : celui d’une réponse commune prophétique et humaine aux questions éminemment déterminantes de l’avenir de la société.
Selon l'Archimandrite Grégoire Papathomas, professeur de l'Institut Orthodoxe Saint Serge à Paris, une présence ontologique des Eglises dans l’espace public nécessite un corps unique au sens paulinien. Les membres d’une Communauté fonctionnent comme un corps dont les membres sont liés harmonieusement entre eux. L’Apôtre Paul associe la notion de peuple de Dieu à celle du corps, non pas à un “corps” social ou culturel, mais au corps du Christ, l’Église. Ce corps unique permettra une présence et, par extension, de témoignage dans l’espace public. En effet, le corps fait référence à une communauté d’existence, de pensée et d’action. Toute dispersion, toute dissociation et division du corps anéantit finalement la présence souhaitée sur un terrain de témoignage qui est, par définition, l’espace public. Si les premiers Chrétiens étaient en tant que tels “absents” de l’espace public, leur unicité en tant que corps unique du Christ, bien qu’ ‘invisible’ pour le monde païen, constituait une présence incarnée dans le monde. A l’inverse, de nos jours, tous les Chrétiens sont beaucoup plus “présents” dans l’espace public, mais il ne s’agit plus d’une vraie présence ecclésiale, christique aux termes pauliniens.

Le Prof. Dr. Adelbert Denaux et l'Archimandrite Grégoire Papathomas
Pourtant selon Monsieur Jan De Volder, catholique, la démocratie séculière actuelle offre des chances solides aux Eglises de jouer un rôle dans la société où l’action étatique se résume de plus en plus en une simple perpétuation technocratique du bien-être des citoyens et n’est plus porteuse de projets d’avenir enthousiasmants. Une des conditions est que l’Eglise s’adapte aux règles du débat démocratique. Il ne suffit plus de publier ponctuellement un document mais il faut prendre part au débat démocratique par une présence dans les médias séculiers, par la confrontation avec d’autres confessions, l’utilisation des moyens propres au processus décisionnel démocratique (média, référendums, lobbying) jusque si nécessaire le fait d’oser descendre dans la rue et procéder à la désobéissance civique…
Nous entrons dans une sorte de monde du ‘sur mesure’ nous dit l’orateur anglican, le Rev'd Dr Michael Moynagh. Les styles de vie varient et sont de plus en plus fonction des besoins et des préférences individuels. Le déclin de l’influence de l’Eglise en Grande-Bretagne (et sans doute dans d’autres pays) reflète ces profondes mutations de société. Les communautés chrétiennes pourraient-elles revêtir une autre forme et les chrétiens ouvrir leurs communautés afin d’être mieux à l’unisson avec leurs contemporains ?
De nouvelles expressions d’Eglises ‘en diapason’ avec la société et qui offrent ‘de vous aider à être Eglise au moment à l’endroit qui vous conviennent et dans votre style’, naissent un peu partout et sont vraiment porteuses d’espoir.
La Pasteure L. Flachon insiste quant à elle sur la centralité de la Parole de Dieu pour les protestants : cette Parole guide tous les aspects de notre vie et concerne l’être humain dans ses dimensions personnelle, culturelle, et sociale. Or les Ecritures ne deviennent Parole de Dieu ici et maintenant que dans l’interprétation, la méditation qui en est faite pour que retentisse la Parole vive. On peut aborder à sa lumière les sujets d’actualité en laissant place à la pluralité des sensibilités. Elle est « une parole qui désigne la vérité sans la confisquer, qui offre des repères sans chercher à contraindre, qui énonce une promesse certaine sans prétendre l’imposer » Les interventions des Eglises protestantes tentent donc tout d’abord de dire la complexité des débats tout en fournissant des éléments de réflexion et en appelant chaque fidèle à une méditation renouvelée des Ecritures.
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