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HISTOIRE DE L'ARCHEVECHE ORTHODOXE DE BELGIQUE
(Patriarcat Oecuménique)


L'Archevêché de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg fait directement partie de la juridiction du Patriarcat Oecuménique de Constantinople. Ce Patriarcat est - en tant que centre de l'Orthodoxie - le premier dans l’ordre parmi les quatre patriarcats orthodoxes. Il porte depuis le VIème siècle le titre historique de «Patriarcat Oecuménique».

Sa Sainteté le Patriarche Oecuménique Bartholomée explique que le Patriarcat ne représente ni une “supra église”, ni un “sur pouvoir”, mais une église selon la valeur et le sens ecclésiastique de l’église indivisible: un lien entre les églises sœurs orthodoxes qui coordonne leurs actes et soutient leurs actions communes en tant que centre diaconal et de prière oecuménique.

Le culte orthodoxe des régions du Benelux - qui forment actuellement le territoire ecclésial de l'Archevêché de Belgique - a commencé à se développer au milieu du XVIIème siècle. Les premiers chrétiens orthodoxes de la région étaient des émigrés grecs et russes qui s’y étaient établis.

La présence d’orthodoxes, surtout grecs, aux Pays-Bas s’est manifestée dès l’année 1644, mais peut aussi remonter à une date antérieure. A cette époque, on comptait déjà, selon les archives de l’Université de Leiden, trois prêtres grecs orthodoxes parmi les inscrits.

La ville d’Amsterdam comptabilisait déjà une communauté grecque au XVIIIe siècle. En 1779, cette communauté obtînt son propre lieu de recueillement qui fut dédié à Sainte Catherine.

La ville d’Anvers, éprouvée par les guerres, va, elle aussi, accueillir une communauté orthodoxe, composée, dans sa majorité, d'émigrés grecs.
Le 3 février 1900, il fut décidé, à l’initiative et avec le vif soutien du Vice-consul de Grèce, Chr. Nicolaïdis, qui était commerçant et originaire de Constantinople, et avec l’accord unanime de toute la communauté orthodoxe de la ville, de construire l’église orthodoxe grecque d’Anvers.
Le 19 septembre de la même année commencèrent les travaux pour la construction d’une église dédiée à l’Annonciation de la Vierge. C’est enfin le 10 octobre 1910 que fut signé l’acte d’acquisition de l’immeuble situé à la Jan Van Gentstraat, 5, qui accueillera aussi bien l’église que l’école de cette communauté.

En 1926, fut fondé à Bruxelles “l’Association des Femmes Hellènes” qui fixa son siège rue de Stassart, 92, à Ixelles. Le rez-de-chaussée de cet immeuble fut transformé en église dédiée aux Saints Archanges Michel et Gabriel, tandis que les deux autres étages furent aménagés pour accueillir une école et des espaces destinés à des activités sociales.

Ces deux lieux de cultes (à Anvers et Bruxelles) existent toujours.

A Rotterdam (Pays-Bas), fut fondée en 1946 une association sous le nom de “Union des Grecs des Pays-Bas”.
Cette association décida de construire une église et de la dédier à Saint-Nicolas, protecteur des marins. En 1954, c’est le premier ministre grec de l’époque, A. Papagos, qui inaugura cette église.

L’année 1955 voit arriver en Belgique les premiers Grecs appelés à travailler dans les mines. Ils s’installèrent au Limbourg, de même que dans les villes de Liège, de Charleroi et de Mons.

L’Archevêque de Thyateira, Mgr. Athénagoras Kavadas, qui, à cette époque, était le représentant du Patriarcat Oecuménique pour toute l'Europe, désigna un prêtre pour chacune de ces villes ou régions et les plaça sous la responsabilité du Rév. Archimandrite Emilianos Timiadis, qui est aujourd’hui Métropolite de Sylivria.

Vu l’augmentation du nombre d’orthodoxes Grecs en Europe de l’Ouest, le Patriarcat Oecuménique divisa son Archevêché de Thyateira (avec juridiction sur toute l'Europe occidentale) en différents archevêchés : de Thyateira et de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne et d'Autriche. La Belgique et le Luxembourg ont alors été rattachés à l'Archevêché de France, tandis que les Pays-Bas à celui de l’Allemagne.

Le 8 août 1969, le regretté Patriarche Oecuménique Athénagoras créa ensuite l'Archevêché de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg avec siège à Bruxelles. Le Métropolite Emilianos (Zacharopoulos), jusqu’alors Métropolite de Selevkia, fut le premier élu Métropolite de Belgique. Son intronisation eut lieu le 11 novembre de cette même année.

Les conditions de vie des prêtres continuèrent à être particulièrement difficiles, au vu surtout de l’immense tâche qu’ils avaient à accomplir. Mais leur foi les soutint dans leurs missions.

L’aide financière de l’Etat grec, de l’Eglise Evangélique d’Allemagne et de plusieurs bienfaiteurs de la Diaspora, rend possible l’acquisition de la Résidence Archiépiscopale d’aujourd’hui, à l'avenue Charbo 71 à Bruxelles, qui devient ainsi propriété du Patriarcat Oecuménique. Le 12 décembre 1982, le Métropolite Emilianos est élu Archevêque de l’île de Kos, dans le Dodekanèse, et Mgr Panteleimon (Kontoyiannis) lui succède.

Mgr Panteleimon est diplômé de la grande Académie Théologique de Halki. Il exerce ses fonctions pastorales en Belgique depuis 1957, tout d’abord comme prêtre, puis comme vicaire général et à partir du 12 août 1974 comme Evêque auxilliaire d’Apolonniade.

Le 23 janvier 1983, il est intronisé Métropolite de Belgique, archevêché comptabilisant à cette époque 13 paroisses en Belgique, 2 aux Pays-Bas et 1 au Luxembourg.

Deux ans plus tard, le Métropolite voit se réaliser encore un autre objectif. C'est en effet en 1985, qu'un Arrêté Royal reconnaît le culte orthodoxe comme une des religions officielles de l’Etat belge.

Quelques temps plus tard, en 1988, le Métropolite de Belgique du Patriarcat Oecuménique de Constantinople est reconnu comme représentant officiel de l'ensemble de l'Eglise Orthodoxe en Belgique.

Au cours des dix dernières années, de nombreux projets sont réalisés.

La collaboration fructueuse du Métropolite avec l’Eglise catholique romaine permet de resserrer les liens de ces deux Eglises en Belgique et d’assurer l’aide importante de la part de l'Eglise catholique romaine pour l’acquisition de la Cathédrale (Avenue de Stalingrad 34) le 27 octobre 1987.

En même temps, l’activité du Métropolite, le travail engagé des prêtres de la Métropole, le soutien de la communauté grecque et les contributions financières d’Eminents membres de celle-ci permettent de restaurer la Cathédrale, de construire l’Eglise de Sainte-Barbe à Genk, l’Eglise de l’Assomption de la Mère de Dieu à Houthalen, l’Eglise du Saint Apôtre André à Gand, l’Eglise de l’Annonciation de la Mère de Dieu à Utrecht et de fonder le Monastère de la Mère de Dieu à Asten aux Pays-Bas. A l’aéroport International de Zaventem, on découvre deux très belles chapelles orthodoxes, dans les deux bâtiments respectifs A et B.

De plus, le bâtiment de l'“Ecole Kestekidion” est également restauré et est aujourd’hui en mesure d’offrir le cycle complet de l’enseignement primaire et secondaire du programme grec. La Communauté Flamande, dans un premier temps, et un peu plus tard, la Communauté Française de Belgique offrent la possibilité d’enseigner le cours de religion orthodoxe. Un Centre de Formation de Théologie Orthodoxe est créé sous le nom de “Saint Jean le Théologien” à Bruxelles.

Après presque 35 ans d’existence, la Métropole se trouve dans une phase d’accroissement constant de ses actions sociales qui témoignent de l’intérêt que l’Eglise porte à la jeunesse. C’est ainsi qu’elle organise régulièrement des visites de prêtres aux hôpitaux et aux prisons et qu’elle assure d’une manière générale et à tous les niveaux sa présence là où se posent des problèmes sociaux.

A la suite de l’augmentation du nombre de paroisses orthodoxes, la Belgique compte aujourd’hui 21 paroisses. Les Pays-Bas 5 paroisses, auxquelles s’ajoute un monastère, et le Luxembourg 3 paroisses.

Pour satisfaire aux besoins de fonctionnement de toutes ces paroisses, le Métropolite Panteleimon peut compter sur la collaboration de deux Evêques Auxiliaires, de 29 prêtres et de deux diacres qui sont tous d'origine grecque, belge, géorgienne, roumaine, serbe, néerlandaise ou française.

L’oeuvre pastorale de l’Eglise Orthodoxe s’élargit de plus en plus. Le Centre de Présence Orthodoxe Chrétienne, qui fonctionnera en même temps comme Musée de l’Eglise Orthodoxe en Belgique vient tout récemment de voir le jour.

Aujourd’hui, l'Archevêché de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg constitue un modèle au niveau de ses relations, tant avec les différentes églises orthodoxes locales, qu’avec l’Eglise catholique romaine et les autres Eglises chrétiennes.

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